Les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent un enjeu majeur de santé au travail et représentent aujourd’hui la principale cause de maladies professionnelles reconnues en entreprise et sont également la première cause d’inaptitude avant 45 ans. Leur prévention s’inscrit au cœur des démarches de sécurité et de protection de la santé des salariés.
Les troubles musculo-squelettiques désignent des atteintes touchant les muscles, les tendons, les ligaments, les nerfs et les articulations. Ils concernent principalement le dos, les épaules, les coudes, les poignets, les mains et le cou, parties du corps fortement sollicitées dans de nombreuses situations de travail.
Les TMS regroupent plusieurs pathologies reconnues, telles que les lombalgies, les tendinites, les épicondylites ou le syndrome du canal carpien. Ces affections sont directement liées à certaines conditions de travail et font l’objet d’une reconnaissance spécifique au titre des maladies professionnelles.
Les facteurs de risques professionnels associés aux TMS sont à la fois physiques, organisationnels et techniques, et incluent notamment :
Sur le plan individuel, les TMS peuvent avoir des conséquences lourdes et durables sur la santé des travailleurs. Les douleurs persistantes peuvent évoluer vers des affections chroniques, entraîner des limitations fonctionnelles importantes et, dans certains cas, conduire à des situations de handicap ou d’inaptitude professionnelle : 45 % des TMS entraînent des séquelles lourdes.
Les TMS constituent également un facteur de désinsertion professionnelle, notamment lorsque les capacités physiques ne permettent plus d’occuper le poste initial. De plus, 30 % des arrêts de travail sont causés par un TMS.
D’un point de vue collectif, les TMS représentent un enjeu majeur pour l’organisation et la performance des entreprises. Ils sont à l’origine d’une augmentation significative de l’absentéisme, d’une désorganisation des équipes et d’une perte de productivité. En France, les troubles musculo-squelettiques et les lombalgies sont responsables d’environ 26 millions de journées de travail perdues chaque année, pour un coût estimé à 2,4 milliards d’euros de cotisations annuelles pour les entreprises.
La prévention des TMS relève de l’obligation générale de sécurité définie par les articles L.4121-1 à L.4121-5 du Code du travail. L’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés, ce qui inclut explicitement la prévention des troubles musculo-squelettiques.
Cette obligation impose une démarche proactive, il ne s’agit pas uniquement de traiter les conséquences des TMS, mais d’identifier les risques en amont, d’analyser les situations de travail et de mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées aux activités exercées.
La prévention des TMS repose sur une démarche structurée, fondée sur les principes généraux de prévention du Code du travail. Appliqués aux TMS, ces principes conduisent à privilégier les actions agissant directement sur les causes des troubles, en adaptant le travail aux capacités physiques des salariés.
Cette démarche implique une analyse des situations de travail afin de réduire les contraintes liées aux gestes répétitifs, aux postures pénibles, aux manutentions manuelles et à l’utilisation des outils ou des machines.
Sur le plan opérationnel, la prévention se traduit par des actions techniques, ergonomiques et organisationnelles ciblées, telles que :
Les mesures de protection collective sont systématiquement privilégiées, les équipements de protection individuelle n’intervenant qu’en complément lorsque la protection collective se révèle insuffisante. La prévention des TMS intègre également la formation et l’information des salariés, afin de diffuser les bonnes pratiques et de favoriser l’identification précoce des douleurs.
Cette démarche s’inscrit dans une logique d’amélioration continue, reposant sur l’évaluation régulière des actions mises en œuvre et leur ajustement en fonction de l’évolution des situations de travail.
L’évaluation des risques professionnels constitue un levier essentiel de la prévention des TMS. Elle permet d’identifier les situations exposant les salariés à des contraintes musculo-squelettiques et d’analyser les facteurs de risque associés. Les résultats de cette évaluation doivent être formalisés dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
Le DUERP recense les risques identifiés, définit les mesures de prévention existantes et précise les actions à mettre en œuvre. Il doit être mis à jour régulièrement, notamment lors de toute modification des postes, des équipements ou de l’organisation du travail. Son efficacité repose sur un dialogue continu avec les salariés, les représentants du personnel et les services de prévention et de santé au travail, afin d’ajuster les mesures et d’identifier de nouvelles pistes d’amélioration.

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