En 2024, 764 personnes sont décédées à la suite d'un accident du travail. Outre les décès, la France recense près de 550 000 accidents du travail cette même année. Ces chiffres rappellent combien il est crucial de comprendre ce qu’est un accident du travail, comment le déclarer et quelles protections existent. Ce guide vous aide à maîtriser les démarches essentielles et à renforcer la prévention, un enjeu vital pour les salariés comme pour les employeurs.


En droit français, est considéré comme accident du travail tout événement « survenu par le fait ou à l’occasion du travail » d’un salarié placé sous l’autorité de son employeur.
Cette définition repose sur une présomption : dès lors qu’un incident intervient dans le cadre de l’activité professionnelle, il est présumé imputable au travail, quelle que soit sa cause.
Cette notion s’applique à tout salarié et, selon les régimes spécifiques, à certaines catégories assimilées (stagiaires, intérimaires, travailleurs temporaires ou indépendants disposant d’une couverture Accidents du Travail / Maladies Professionnelles).
La reconnaissance d’un accident du travail repose sur l’établissement d’éléments précis permettant de confirmer le lien entre l’incident et l’activité professionnelle. Les autorités examinent principalement trois points :
Ces critères s’appliquent indépendamment du lieu où survient l’incident : poste habituel, mission, déplacement, télétravail ou autre contexte professionnel, dès lors que le lien avec l’activité peut être démontré.
Accident du travail et maladie professionnelle sont deux notions distinctes en droit du travail. L’accident du travail résulte d’un événement soudain, alors que la maladie professionnelle est liée à une exposition prolongée ou répétée à des risques physiques, chimiques, biologiques ou psychiques dans le cadre de l’activité professionnelle.
La reconnaissance d’une maladie professionnelle repose sur des critères réglementaires précis et peut nécessiter l’avis d’une commission spécialisée pour établir le lien entre l’exposition et la pathologie.
Cette distinction a des conséquences concrètes pour la victime, notamment en matière de droits, d’indemnisation, de déclaration et de recours.
La jurisprudence et la pratique administrative montrent que de nombreuses situations peuvent être qualifiées d’accident du travail dès lors qu’elles répondent aux critères légaux. À titre illustratif, sont fréquemment reconnus :
Ces exemples illustrent l’étendue des situations susceptibles d’être reconnues comme accidents du travail et soulignent l’enjeu d’en maîtriser les critères afin d’assurer une protection effective des salariés et la préservation de leurs droits.
Lorsqu’un accident survient, le salarié doit réagir sans délai. Il est tenu d’informer son employeur le plus rapidement possible, idéalement le jour même, et au plus tard dans les 24 heures après l’accident.
Cette information peut être transmise par tout moyen permettant d’en assurer la traçabilité (mail, SMS, appel, ou par un tiers en cas d’impossibilité). En cas d’empêchement sérieux (hospitalisation, incapacité temporaire) un courrier recommandé peut être utilisé.
Le salarié doit ensuite consulter un médecin afin d’obtenir un certificat médical initial (CMI) décrivant précisément les lésions constatées. Ce document est indispensable pour l’instruction du dossier.
Il est également recommandé de réunir tous les éléments permettant d’établir la réalité et les circonstances de l’accident : témoignages, photographies, relevés, échanges professionnels, description écrite des faits. Cette documentation peut s’avérer déterminante en cas de contestation ultérieure.
Dès qu’il a connaissance de l’accident, l’employeur est soumis à plusieurs obligations légales :
En complément, en charge d’enquêtes AT/MP, le CSE ou la CSSCT du CSE doit être informé de tout accident ou incident survenu quelle que soit sa gravité, et dans les entreprises de 50 salariés et +, il est réuni obligatoirement par l’employeur lorsque l’accident a entraîné ou aurait pu entraîner des conséquences graves.
Par ailleurs, tout accident ne remplissant pas les conditions d’une déclaration d’accident du travail (ni arrêt de travail, ni soins médicaux) doit être consigné sur le registre des accidents bénins. Ce registre, tenu sur support papier ou dématérialisé, doit indiquer le nom de la victime, la date, le lieu, les circonstances, la nature et le siège des lésions, et être signé par le salarié et visé par le donneur de soins.
Si un accident initialement consigné entraîne ultérieurement un arrêt ou des soins, l’employeur doit alors effectuer la déclaration officielle auprès de la caisse compétente.
La déclaration d’accident du travail (DAT) est habituellement effectuée par l’employeur. Celui-ci peut, s’il l’estime nécessaire, formuler des réserves motivées quant au caractère professionnel de l’accident. La CPAM ou la MSA accuse réception de la déclaration et ouvre la procédure d’instruction.
Si l’employeur ne procède pas à la déclaration dans les délais impartis, le salarié conserve la possibilité d’effectuer lui-même la démarche auprès de sa caisse, dans un délai de deux ans.
Une fois le dossier instruit, la caisse notifie au salarié sa décision de reconnaître, ou non, le caractère professionnel de l’accident. En cas de refus, des voies de recours sont ouvertes, notamment devant la commission de recours amiable (CRA) puis, le cas échéant, devant les juridictions compétentes.
Lorsque l’accident est reconnu comme professionnel, le salarié bénéficie d’indemnités journalières versées par la CPAM (ou la MSA) sans délai de carence. Le jour de l’accident est rémunéré intégralement par l’employeur, les indemnités journalières prennent le relais dès le lendemain.
Le calcul repose sur le salaire brut du mois précédent, divisé par 30,42 pour déterminer le salaire journalier de base.
Les versements interviennent toutes les deux semaines, jusqu’à consolidation ou guérison. Par ailleurs, selon les conventions collectives ou l’ancienneté, l’employeur peut être tenu de verser un complément de salaire afin d’assurer un maintien partiel ou total de la rémunération.
La reconnaissance de l’accident ouvre droit à une prise en charge à 100 % des soins liés à l’événement : consultations, examens, hospitalisations, rééducation, transports sanitaires…
Certains appareillages (prothèses, équipements orthopédiques, fauteuils roulants, etc.) peuvent être indemnisés jusqu’à 150 % du tarif lorsqu’ils sont prescrits dans le cadre de l’accident.
La feuille d’accident du travail (formulaire S6201), remise par l’employeur, est indispensable pour bénéficier du tiers payant et éviter toute avance de frais.
Si des séquelles persistent au moment de la consolidation, la CPAM évalue le taux d’incapacité permanente partielle (IPP).
Selon ce taux, le salarié peut obtenir :
Ce mécanisme vise à réparer l’impact à long terme de l’accident sur la santé, l’employabilité et la qualité de vie.
Lorsque l’accident est dû à un manquement grave de l’employeur à son obligation de sécurité, la faute inexcusable peut être retenue.
Elle entraîne :
Ce dispositif renforce la protection du salarié et sanctionne les atteintes graves à la sécurité au travail.
La prévention des accidents du travail constitue un véritable levier stratégique pour l’entreprise. Elle ne se limite pas à répondre à une obligation légale : elle contribue directement à la protection de la santé physique et mentale des salariés, à l’amélioration du climat social, et à la performance globale de l’organisation.
Une démarche de prévention structurée permet de réduire significativement les blessures, les troubles musculo-squelettiques, le stress, l’absentéisme et le turnover. Elle renforce également la qualité de service, l’image de marque et la conformité réglementaire, dans un contexte où les responsabilités de l’employeur sont de plus en plus scrutées.
Ainsi, la prévention s’impose comme une obligation morale, sociale, économique et juridique, qui conditionne durablement la sécurité et la performance de l’entreprise.
Une politique de prévention efficace repose sur plusieurs piliers complémentaires, relevant à la fois de la responsabilité de l’employeur et de l’appui d’acteurs spécialisés en prévention et formation :
La sécurité en entreprise ne se limite pas aux risques physiques classiques, elle englobe également les risques liés à la sûreté, tels que violences, intrusions, flux de personnes non contrôlés, situations d’urgence, évacuations et besoins de premiers secours.
Dans ce contexte, une société de sécurité privée joue un rôle essentiel pour prévenir des accidents ou incidents atypiques, notamment par :
Ensemble, ces mesures permettent de créer un environnement de travail sécurisé, de prévenir les incidents et d’assurer la protection des salariés au quotidien.
En combinant sécurité physique, sûreté, prévention, formation et organisation, une société spécialisée contribue significativement à la réduction des accidents, à la maîtrise des risques et à la protection des salariés.
Ce positionnement permet non seulement de valoriser l’expertise de l’entreprise, mais aussi de fournir un cadre concret et opérationnel aux employeurs et salariés soucieux de renforcer la sécurité de leur environnement professionnel.
La prévention des accidents du travail repose sur une organisation rigoureuse et l’implication de tous. Pour aller plus loin et sécuriser durablement leur environnement de travail, les entreprises gagnent souvent à s’appuyer sur un intervenant externe. Grâce à son expertise, audits, analyse des risques, formations ciblées ou optimisation des dispositifs de sécurité, un spécialiste permet de réduire efficacement les accidents et d’améliorer la protection des salariés au quotidien.
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